Quoi faire après les Studios Tapis Rouge pour devenir acteur à Montréal?

Écrit par : 

Adrien Lessard

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Temps de lecture : env. 12 minutes

Il existe plusieurs possibilité pour devenir acteur à Montréal après être passé par les Studios Tapis Rouge.
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Votre enfant termine sa session : « Maman, papa, je veux vraiment devenir acteur! » Vous souriez, un peu fier, un peu inquiet et… un peu perdu. Regardons ça ensemble.

Montréal, capitale du cinéma au Québec

D’abord, vous habitez au bon endroit.

 

Par exemple, Montréal attire les productions hollywoodiennes depuis les années 1990. Les crédits d’impôt québécois y sont pour beaucoup. Et ce n’est pas tout! L’architecture fait rêver les réalisateurs.

 

Le Vieux-Montréal peut devenir Paris en quelques heures. Le Plateau se transforme en Brooklyn. Le Quartier latin devient Manhattan. 

Des dizaines de films majeurs ont été tournés à Montréal : 

  • Arrête-moi si tu peux avec Leonardo DiCaprio et Tom Hanks, 
  • L’aviateur de Martin Scorsese, 
  • X-Men : Apocalypse, Brooklyn, 
  • et même The United States vs. Billie Holiday.

Pour saisir les opportunités hollywoodiennes, il faut par contre être bilingue.

Résultat? Des centaines d’acteurs travaillent dans la métropole

Oui, des centaines d’acteurs québécois travaillent, chaque année, dans leur propre ville. L’industrie cinématographique montréalaise génère environ 33 000 emplois et 300 millions de dollars en retombées économiques annuelles.

 

Si votre enfant fait carrière au Québec, sachez que le milieu artistique francophone est largement prédominant.

Mais d’abord, la réalité sur le métier d’acteur

Le métier d’acteur est magnifique, mais il peut aussi être précaire. 

 

Selon les statistiques de l’Union des artistes, en 2016, le revenu moyen des membres actifs était de 21 450$. Plus révélateur encore : sur 8 345 membres actifs, 87% gagnaient moins de 30 000$ par année ou n’avaient aucun revenu lié à leur art. Seulement 3,7% des membres gagnaient plus de 100 000$. La majorité cumule d’autres emplois pour vivre.

 

Je ne veux pas vous décourager. Je veux vous donner l’heure juste et informer vos décisions. Devenir acteur, même à Montréal, demande…

  1. de la passion (beaucoup), 
  2. de la résilience (encore plus) 
  3. et de la patience (énormément). 

Prêts? Allons-y par étape.

Choisir une formation

Votre enfant a suivi nos cours récréatifs, et nous avons bâti ensemble une fondation solide en jeu d’acteur. Cependant, les Studios Tapis Rouge ne représentent pas une formation professionnelle.

 

Voici les formations professionnelles :

Les écoles professionnelles (18 ans et +)

Trois noms dominent à Montréal.

  • Le Conservatoire d’art dramatique de Montréal, qui accepte les étudiants à partir de 21 ans ou dotés d’un DEC. Attention! Des centaines de candidats passent l’audition en espérant obtenir l’une des quelques places disponibles.
  • L’École nationale de théâtre, qui accepte les étudiants dès 18 ans. C’est une formation bilingue, ce qui est un atout énorme pour faire carrière en dehors du Québec. Mais seulement 12 à 15 personnes seront admises par année, en français.
  • L’École supérieure de théâtre de l’UQAM, qui offre un parcours universitaire. Il s’agit d’un diplôme académique, reconnu par le ministère de l’Éducation. Si la carrière d’acteur de votre enfant ne décolle pas, ce diplôme est un baccalauréat.

Les cégeps : la voie d’entrée dès 17 ans

Au Québec, les adolescents peuvent aussi commencer une formation professionnelle en théâtre dès 17 ans. Grâce aux cégeps! C’est l’occasion de faire les cours obligatoires et une formation d’acteur. Cependant, c’est un parcours exigeant.  

 

À Montréal, les cégeps anglophones Dawson College et John Abbott College offrent le programme Interprétation théâtrale. Les étudiants francophones sont acceptés, mais la plupart des cours se donnent en anglais. 

 

Votre enfant préfère étudier dans un cégep francophone? Regardez les programmes de Sainte-Hyacinthe et de Lionel-Groulx, à Sainte-Thérèse. 

Les ateliers à la carte 

Et si votre enfant n’a pas envie de faire trois ans de formation? Et s’il n’a pas été accepté dans une école de théâtre, que faire? 

 

Des ateliers à la carte : jeu caméra, techniques d’audition, doublage, accent américain, etc. Donc, un acteur peut aussi développer sa compétence en jeu en ayant une formation de type modulaire.

 

À propos, Montréal est connue pour être une plaque tournante en doublage. Il faudra toutefois voir comment cette discipline évoluera avec l’intelligence artificielle. 

Préparer un dossier

Votre enfant peut être représenté par un agent d’artiste (courant) ou s’auto-représenter (moins courant). Prenez le temps de bien préparer sa candidature en lui montant un dossier solide.

 

Il doit avoir : 

Des photos professionnelles à jour

Pas d’égoportraits (selfies), pas de photos de finissants. De vraies photos d’acteur

 

Optez pour des photos de casting (headshots), qui captent la personnalité de votre enfant en une fraction de seconde. Parce que les directeurs de casting regardent ces photos pendant… trois secondes. Bref, il faut que les photos soient bonnes en titi. Et à jour. Faites un shooting tous les 12 à 18 mois. 

 

Pour vous donner une idée du budget à prévoir, trois photos de casting de qualité iront chercher dans les 450$ à 700$ et plus. Cela n’inclut pas les frais de maquillage et de coiffure. 

 

Voici deux photographes que je vous recommande (mais il y en a d’autres) : 

Un CV d’artiste accrocheur

La troisième chose importante à voir, c’est une démo. 

 

Les agents veulent voir votre enfant en action. Quelques extraits bien filmés valent mille mots sur un CV. Des scènes de 30 à 60 secondes. Avec du son clair. Un bon éclairage. Et surtout, une bonne réplique.

Une démo avec une bonne réplique

Et si votre enfant n’a pas envie de faire trois ans de formation? Et s’il n’a pas été accepté dans une école de théâtre, que faire? 

 

Des ateliers à la carte : jeu caméra, techniques d’audition, doublage, accent américain, etc. Donc, un acteur peut aussi développer sa compétence en jeu en ayant une formation de type modulaire.

 

À propos, Montréal est connue pour être une plaque tournante en doublage. Il faudra toutefois voir comment cette discipline évoluera avec l’intelligence artificielle. 

Trouver une agence

Des agences montréalaises réputées :

ASB talents, Peanut,  Carrousel, Girafe, Kaboom, Cadieux.

Il y en a évidemment bien d’autres. Une liste plus complète peut être retrouvée sur le site de l’Union des Artistes.

Les agences représentent votre enfant. Quand un rôle correspond au profil de votre enfant, son agence propose la candidature de l’acteur. Si ça clique : audition.

Ce que les agences recherchent

Avant tout, les agences veulent un candidat avec une formation solide, une belle photo et une bonne démo. 

 

Voici comment inscrire votre enfant dans une agence de casting.

Réussir une audition

Que votre enfant ait décroché une audition grâce à son agence ou non, ce n’est pas grave. Mais bravo! c’est déjà une belle victoire.

 

Maintenant, votre jeune doit se préparer. Une bonne préparation fait toute la différence entre « merci, au suivant » et « on te rappelle ». Les directeurs de casting veulent des acteurs bien préparés : 

  • qui connaissent leur texte, 
  • qui suivent les directives 
  • et qui restent professionnels même sous stress.

Pour aller plus loin, lisez notre article qui détaille comment préparer une audition.

Gérer l’école et les auditions sans s’épuiser

Votre enfant décoche des auditions, c’est super. Sauf que ces auditions se passent souvent durant le temps d’école. Ça veut dire : manquer des cours, justifier les absences, négocier avec les profs et faire du rattrapage scolaire.

 

Votre jeune va probablement faire de nombreuses auditions. Parce qu’il est commun d’accuser beaucoup de refus avant de décrocher un rôle. C’est normal, et le talent de votre enfant n’est pas forcément en cause. C’est aussi dur à encaisser. 

 

Voici ce que je vous suggère pour rendre son expérience plus humaine.

Établir 3 règles non négociables

  1. Le DES est essentiel, car le milieu artistique est trop instable pour mettre le diplôme secondaire V dans la balance.
  2. Le temps d’étude en période d’examens est protégé soit par une pause d’auditions, ou un nombre limité d’auditions.
  3. Le sommeil, la camaraderie en dehors du milieu artistique et la joie de vivre doivent être au rendez-vous. Sinon, c’est une pause de santé mentale.

Ce qui attend votre famille

Votre enfant paiera le prix de ses ambitions, et je vous ai proposé des repères pour garder ce prix acceptable. 

 

Or, les activités artistiques de votre enfant auront, pour vous aussi, un coût : des photos à refaire régulièrement, l’essence pour conduire jusqu’aux auditions, le prix du stationnement au centre-ville, les frais de gardienne pour la fratrie, etc.

Votre enfant n’est pas prêt pour des auditions professionnelles?

Pas de problème, d’autres portes d’entrée existent.

Les projets étudiants permettent de réseauter

Les cégeps et universités de Montréal forment les cinéastes de demain. Concordia, Mel Hoppenheim School of Cinema, l’UQAM… Ils cherchent constamment de jeunes acteurs pour leurs courts-métrages.

 

C’est gratuit, formateur et un réseau précieux. Les étudiants d’aujourd’hui sont les professionnels de l’industrie de demain.

Les festivals aident à comprendre le milieu

Oubliez Sundance. Ici, ce sont le Festival du nouveau cinéma (FNC), Fantasia et les Rendez-vous du cinéma québécois qui comptent.

 

Assistez-y avec votre jeune. Voyez les Å“uvres. Écoutez les discussions. Comprenez ce qui fonctionne, ce qui plaît et ce qui se fait à Montréal. De plus, c’est une forme d’éducation culturelle que les écoles n’offrent pas toujours.

Deux pièges à éviter

D’abord, méfiez-vous des « académies » qui promettent la gloire. 

 

Si ça semble trop beau pour être vrai, c’est parce que c’est faux. Les vraies écoles professionnelles ont un coût raisonnable. Et surtout, elles ne garantissent jamais une carrière. Le talent se développe et le succès ne s’achète pas autant qu’on le pense. 

 

Ensuite, faites attention aux ponts brûlés à 14 ans. 

 

À Montréal, le milieu artistique est petit. Les directeurs de casting se parlent. Les agents aussi. Un jeune acteur qui arrive en retard? Ça se sait. Un ado impoli avec les techniciens? Ça se sait. Une famille qui annule trois auditions de suite? La réputation est faite.

Existe-t-il des organismes qui protègent votre enfant?

Non, la loi protège nos enfants. Mais l’Union des artistes (UDA) publie les règles claires pour les jeunes acteurs. 

 

Exemples : 

  • Heures maximales sur un plateau selon l’âge. 
  • Présence obligatoire d’un tuteur. 
  • Scolarisation assurée sur les longs tournages. 
  • Pauses et repos.

 

Vous, comme parents, assurez-vous que les productions respectent ces règles. L’agent de votre enfant peut aussi vous aider à le faire. Ne vous laissez pas impressionner par le milieu artistique : posez vos questions et exigez que les normes soient suivies.

Dans le marché anglophone, c’est l’ACTRA qui joue ce rôle.

Votre enfant change d’avis à 17 ans?

C’est correct. 

 

Peut-être que votre jeune sera metteur en scène, enseignant d’arts dramatiques ou avocat en gardant le jeu comme passion. 

 

Devenir acteur à Montréal est exigeant, mais il y a des occasions de faire carrière dans la métropole. Cela demande des efforts continus, de la persévérance et une bonne dose de réalisme.

 

À vous de jouer! Les Studios Tapis Rouge de Montréal et des alentours seront encore là pour jouer, applaudir ses élèves et répondre à vos questions.

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